La gamification aide un projet collaboratif.

Suite à une requête inhabituelle de l’artiste Jon Adams, la société SI Digital a créé une application multiplateformes appelée Democracy Street. Cette application a permis à ses utilisateurs de découvrir les histoires qui se cachent derrière le nom de leurs rues et de célébrer le 800e anniversaire de la Magna Carta.

SI Digital a été approchée par l’artiste Jon Adams pour travailler en collaboration avec les Chambres du Parlement britannique et l’Arts Council England afin de créer et développer une application basée sur une carte interactive.

Democracy Street a été imaginée pour permettre à quiconque dans tout le Royaume Uni de découvrir l’histoire des personnages qui ont donné leur nom à des rues et apprendre comment ces personnes ont contribué à la démocratie. Les rues découvertes par les utilisateurs étaient sauvegardées dans une base de données et affichées en temps réel sur une carte du pays. L’idée étant que Jon Adams réalise une œuvre en puisant son inspiration directement dans les motifs qui se formeraient sur la carte. Le résultat sera une œuvre d’art exposée devant le Parlement pour célébrer le 800e anniversaire du tissage de la Magna Carta, texte fondateur de la monarchie britannique.

Les noms des rues ont été repris directement depuis le projet de cartographie OpenStreetMap, basé sur sa communauté d’utilisateurs. Mais le problème était de lier les cartes obtenues avec les noms à l’origine des rues. Les Chambres du Parlement ont fourni à SI plusieurs bases de données avec des listes de personnages intéressants.

“Ces listes étaient dans plusieurs formats, avec des structures très différentes. Notre première tâche était donc d’écrire du code pour trier ces fichiers, trouver des points communs et créer une base de données unique des “personnages intéressants” explique Joe Cavalla, Business Development Manager chez SI Digital.

Pour ce projet, le choix du média final était ouvert. Mis à part qu’il était forcément numérique, il pouvait tout aussi bien être une application de bureau, un site Internet, une application sur mobile. N’importe quoi qui permette à un maximum de personnes d’interagir avec le projet.

En fait, le plus important était de créer le moins d’obstacles possibles pour ne pas gêner les utilisateurs. Nous voulions que le plus possible de monde puisse participer, et ce très facilement. Après tout, il s’agit d’un projet artistique et numérique qui tire partie de sa  communauté d’utilisateurs.

Pour nous, la décision a donc été facile à prendre. Si nous faisions un site internet adapté aux mobiles, nous pouvions nous adresser à n’importe-qui disposant d’un appareil intelligent : Windows, Android, iPhone, iPad, ordinateur de bureau, ordinateur portable et même télévision ! Il suffit juste de rentrer une adresse internet et vous pouvez commencer à interagir. Pas besoin d’aller sur un magasin d’applications spécifique, de rentrer des mots de passe, d’attendre un téléchargement puis finalement de pouvoir lancer l’application.

L’autre avantage de notre choix, c’est que nous avons développé le site en une seule fois. Pas besoin de consacrer du temps et de l’argent pour le rendre compatible avec chaque plate-forme. L’autre gros avantage ce type d’application internet, c’est que nous pouvons directement mettre à jour l’application sans attendre que les contrôleurs de l’Apple Store et consorts l’approuvent pour enfin la mettre en ligne.”

Durant la phase de test, les utilisateurs étaient guidés afin d’aider à déterminer les différents parcours et interactions que la version mobile pourrait contenir. Ces tests ont poussé la réflexion sur l’utilisation d’éléments de gamification et sur comment l’utilisateur final pourrait facilement accéder aux informations sur les personnages clés de l’histoire politique.

gamification mb-silver (3)Des prototypes interactifs ont été élaborés à la fois avant et après la phase de conception graphique pour aider à trouver des erreurs ou des éléments rebutants. Ces prototypes ont été  testés dans des démonstrations avec des utilisateurs “moyens” afin d’obtenir des retours d’expérience. Vers la fin du projet, des périodes de tests “Alpha” et “Beta” ont été conduites. A chaque fois, les utilisateurs ont répondu à des sondages ou à des questionnaires. Cela a permis de mieux connaître le ressenti des utilisateurs finaux, tout en favorisant une approche interactive pendant tout le cycle du projet.

“La version pour ordinateur de bureau et celle pour les mobiles sont très différentes” avoue Joe Cavalla. “La version mobile permet aux gens de trouver des rues autour d’eux, de gagner des médailles et de mettre en ligne des photos qui vont contribuer à l’œuvre d’art finale. La version “fixe” permet aux gens dépourvus de mobile (ou ne disposant pas d’un appareil récent) de regarder ce que font les utilisateurs de la version mobile, en temps réel. Ils peuvent également lire les biographies des personnages liés aux rues qui ont été découvertes jusque-là”

Afin de fournir le plus de données possible pour aider à faire émerger des motifs sur la carte, SI utilisé des moyens d’incitation grâce auxquels les utilisateurs étaient encouragés à continuer d’interagir avec l’application et découvrir le plus de rues possibles.

“Dans un monde avec tant de distractions qui cherchent à accaparer l’attention de l’utilisateur, nous savions que nous avions besoin d’utiliser la gamification dans ce projet. C’était la solution pour forcer les gens à découvrir les dernières rues de leurs listes” explique Jon Adams.

Neuf médailles inspirées par celles de FourSquare ont été créées. Chacune était plus ou moins difficile à obtenir. Une fois qu’un utilisateur disposait de toute la collection, il pouvait demander un badge ouvert Mozilla Open Badge (une récompense virtuelle mais qui peut être affichée sur un CV), accrédité par le Arts Council of England. Après avoir découvert une rue, les utilisateurs étaient encouragés à prendre et à mettre en ligne une photo que les utilisateurs de la version “fixe” pouvaient visionner.

“SI Digital m’a donné les moyens de traduire les données générées par les gens partout dans le Royaume Uni en une création artistique qui reflète leurs parcours à la découverte de notre riche histoire politique” conclue Jon Adams.

“Quand les Chambres du Parlement m’ont contacté avec l’idée originale de Democracy Street, nous n’imaginions pas que ce soit possible. SI Digital s’est emparé de notre projet initial et a façonné quelque chose de vraiment unique qui a encouragé à de véritables interactions à l’échelle de tout le pays. En retour, cela me permet de créer une nouvelle œuvre d’art en traduisant les données numériques en cartes. Je suis vraiment reconnaissant, et ravi par la façon dont a été réalisée la partie numérique de Democracy Street et par l’implication et la contribution de SI Digital dans ce projet. J’espère que dans le futur, ensemble nous pourrons continuer de trouver de nouveaux moyens de repousser les limites des arts digitaux”

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