Les jeux d'action utiles face aux difficultés de perception de l'espace

Un chercheur de l’Université de Californie à Davis a crée un jeu vidéo pour les enfants qui souffrent de handicaps cognitifs liés à la génétique, avec l’espoir que ce jeu va aider à améliorer leur capacité à traiter mentalement les informations relatives au temps et à l’espace.

Tony Simon, professeur au département de Psychiatrie et de Sciences Comportementales de l’Université de Californie à Davis  et membre du MIND Institute faculty, a inventé le jeu “neuro-thérapeutique” pour aider à améliorer les capacités cognitives des enfants soufrant de maladies génétiques comme la délétion 22q11, la fragilité du chromosome X, les syndromes de Turner et Williams.

Il a déclaré : “Nos premiers résultats indiquent que nous pouvons créer des jeux amusants qui impactent positivement l’attention spatiale et temporelle”

Le jeu provient de la recherche sur certaines maladies génétiques qui produisent des déficiences cognitives ainsi que des perturbations du comportement. Cette recherche a mis en évidence les dysfonctionnements dans la cognition spatio-temporelle, la capacité de traiter mentalement les informations relatives à l’espace et au temps. La cognition spatio-temporelle est nécessaire pour des capacités comme l’orientation, la conduite, la compression ou l’apprentissage des chiffres ou de l’argent ainsi que pour lire l’heure.

Tony Simon était déjà au fait des recherches qui prouvaient que les personnes jouant aux jeux vidéo d’action démontraient des capacités améliorées dans leur cognition spatio-temporelle. Il a émis l’hypothèse que les effets de la pratique des jeux d’action permettait d’améliorer la résolution des informations spatiales et temporelles. Il les comparait à la différence entre une photo prise par un appareil dont la résolution serait de 4 mégapixels avec une autre photo prise par un appareil à 20 mégapixels. Même en utilisant le même ordinateur pour visualiser les photos, l’image prise par l’appareil à 20 mégapixels sera plus nette, tandis que l’autre sera floue quand l’utilisateur va zoomer.

“Ainsi, peut-être que la pratique des jeux vidéo a amélioré la résolution du joueur à la façon d’une caméra qui passerait de 20 à 36 mégapixels, tandis que les enfants avec des déficiences auront l’équivalent d’une caméra à 8 mégapixels” ajoute-t-il. “Le défi consitait de trouver quel était l’élément attractif dans les jeux vidéo d’action qui devrait être utilisé pour créer une “drogue numérique” qui soignerait les difficultés identifiées par cette recherche.

Tony Simon a ensuite développé un algorithme qui pourrait mesurer la résolution spatiale et temporelle d’une personne. Cet algorithme a servi à alimenter le développement du jeu vidéo, financé initialement par des donateurs privés à hauteur de 20 000 dollars. Il a été conçu en collaboration avec Funomena, un studio de développement de jeu basé à San Francisco.

 

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